Artisanat de la donnée

Seconde édition — pièce de la livraison

Revue du document de consolidation et plan de la seconde édition

Objet : évaluation du document Consolider l’ontologie processuelle de la donnée ; axes retenus ; structure et plan de la nouvelle version de la trilogie ; nommage de l’édition ; avis général. Statut : proposition. Aucune insertion dans le corpus. Tous les gestes de fond sont soumis à ton arbitrage (liste en fin de document). Méthode : relecture intégrale du document de consolidation ; mesure sur disque des huit foyers textuels qu’il cite (tomes 1, 2, 3, lexique canonique, synthèse) ; vérification des sources bibliographiques avancées.


1. Verdict sur le document de consolidation

1.1 Les sources sont réelles et correctement caractérisées

J’ai vérifié en priorité les références qui portent la question d’originalité, car ce sont les plus lourdes de conséquences :

1.2 Les foyers textuels existent — mais le document mesure parfois le slogan, pas l’énoncé qualifié

Les huit foyers cités par le document (section VIII) existent tous sur disque et les tensions relevées sont réelles. Cependant, la mesure du corpus révèle un fait que le document sous-crédite systématiquement : plusieurs « fragilités » visent la formule frappante alors que le corpus contient déjà, ailleurs, la qualification qui la répare. Le problème est alors architectural (la qualification vit loin du slogan, donc le slogan circule nu), non conceptuel. Détail des mesures :

Fragilité État réel mesuré dans le corpus Conséquence
#1 continuité/densité du flux T1 pose « continu, dense » comme « description littérale », mais contient déjà, dans la même section, la précaution : « il n’engage pas une thèse métaphysique sur la nature ultime du réel […] l’essai tient dans les deux cas ». Réparation = aligner le corps sur sa propre précaution, pas introduire une idée neuve.
#2 lisibilité totale T1 définit déjà le « statut exact » de l’énoncé : non l’inventaire de tout le lisible, mais le constat qu’aucune connaissance n’a d’autre voie que la trace. Mais la phrase « il est, partout, chargé de la mémoire de ce qui l’a produit » reste vulnérable à l’objection taphonomique. La traçabilité différentielle est un vrai gain, à insérer au foyer du premier pilier ; le « statut exact » existant doit être crédité et conservé.
#3 causé/voulu T1 pose la dichotomie durement (« la trace est causée, la donnée est voulue » ; « un processus n’est pas un acte »). Mais T3 contient déjà « L’intention déléguée à l’instrument » — c’est-à-dire l’intention de dispositif du document. Manquent : l’intention d’usage (recrutement ultérieur d’un résidu, cas Leonelli) et la cohérence — car T3 conclut ce passage par « lorsque plus personne ne relit […] l’automate ne produit plus des données : de la trace », ce qui réintroduit la fragilité #9. Rapatrier l’acquis T3 au foyer T1 ; ajouter l’intention d’usage ; purger la clause de relecture.
#4/#5 valeur arrêtée, constat éternel T1 distingue déjà « l’éternité d’un constat daté, non l’éternité d’une description valable ». Mais le constat daté lui-même (« la température relevée est de 38,2 °C : cela restera vrai pour toujours ») confond encore le fait documentaire (tel dispositif a produit tel résultat) et l’assertion sur le phénomène (la température était de 38,2), révisable si la calibration était fausse. La décomposition métrologique est le correctif le plus rentable du document : elle renforce « construction sans invention » au lieu de l’affaiblir.
#6 péremption inéluctable Le corpus relativise déjà beaucoup : sources stables (rapport de vitesses), trois âges, donnée d’archive, transfiguration de la donnée péremptée en récit, péremption d’état / DLU au lexique. Le vrai ajout : la relativité à la question et à la tolérance (pas seulement à la vitesse du référent), et le cas de l’énoncé portant explicitement sur le passé. Affinement, pas réparation d’erreur.
#9 retour en trace sans lecture Contradiction interne confirmée mot à mot. T3 Doc 1 Partie II : « une donnée que plus personne ne lit […] retombe à l’état de trace » et « la donnée est ce qui a été lu ». T3 Doc 1 Partie III : « La donnée muette n’est donc pas retombée en trace. Elle reste une donnée ». T3 Doc 4 : « l’automate ne produit plus des données : de la trace, qui re-circule ». Et T1 fonde la donnée dans l’inscription, non dans la lecture. C’est la fragilité majeure, et le diagnostic du document est exact. Noter toutefois que la Partie III (muette/morte) était déjà correcte : la réparation consiste à aligner Partie II et Doc 4 sur Partie III, via l’échelle constituée/actualisée. Le coût textuel est localisé.
#11 trois actes, trois supports T2 annonce la grille « Trois actes, trois supports — mais un seul reste en réserve ». T3 ne livre jamais de troisième support homogène : il livre les facultés (du flux), le code (de la transmission), la fenêtre. Aucune occurrence de « support de lecture » dans le corpus. La symétrie des actes tient ; celle des supports ne tient pas, et le corpus le sait à demi. La réparation (« conditions de reprise interprétative ») nomme ce que T3 fait déjà.
#12 le sens reste à l’humain La formulation T3 est déjà à moitié normative (« un sens pour un humain qui en répond […] en assume l’arbitrage »). Reformuler la thèse comme thèse d’imputabilité (normative), sans parier sur l’impossibilité d’une sémantique machinique (métaphysique contestable). Gain de robustesse et de positionnement professionnel.
#14 l’échange accomplit T2 pose déjà la thèse comme « thèse modérée » (« la donnée est faite, en général, pour circuler »). Scoper le verbe, ou le remplacer par « étend la disponibilité » — ton arbitrage.
#15 on ne range pas le torrent La thèse vise le classement exhaustif ; les trois postures (cadrer, déléguer) organisent déjà des fenêtres et des sélections. Préciser : pas de bibliothèque exhaustive du torrent ; fenêtres, résumés, priorités, archives partielles possibles — c’est exactement ce que les postures font.
#16 « la donnée est un processus » Mesure importante : la formule littérale n’apparaît nulle part dans les tomes. L’introduction de T1 dit « ontologie de la donnée comme processus » ; le corps du texte tient déjà la position défendable (donnée gravée qui ne change pas ; naissance, vieillissement et valeur processuels). La clarification « entité processuellement constituée » coûte quasi rien au corpus : elle précise le cadre du titre, elle ne corrige pas le corps. C’est la meilleure nouvelle de la revue.

Les fragilités #7 (deux temps), #8 (deux morts), #10 (copies), #13 (appartenance) sont exactes telles quelles et leurs réparations sont bien calibrées (conserver l’image, ajouter l’analytique).

1.3 Verdict

Le document est pertinent, rigoureux et utilisable. Sa méthode (bancs d’épreuve, quatre statuts, cinq critères d’admission, un apport par foyer) est exactement la bonne, et mérite elle-même d’entrer dans la nouvelle édition comme discipline explicite. Ses trois plus grands apports : la clarification #16 (thèse), l’échelle constituée/actualisée (#9, répare la seule vraie contradiction interne), la décomposition métrologique (#4/#5). Sa reformulation de l’originalité (composition + déduction, avec la formule prudente) est la bonne posture publique.

Ses quatre risques, à tenir pendant l’intégration :

  1. Sous-créditer le corpus. Comme mesuré ci-dessus, plusieurs réparations sont des rapatriements au foyer de qualifications déjà écrites, pas des idées neuves. La seconde édition doit le dire — c’est aussi une force : le corpus était plus près du but que le document ne l’affirme.
  2. Dérive lexicale. Le document introduit une douzaine de termes candidats (datum d’origine, occurrence, filiation, provenance, traçabilité différentielle, donnée constituée/actualisée/opérante, intention de dispositif/d’occurrence/d’usage, paquet de persistance, vecteur d’état). Chacun doit passer par ton arbitrage avant d’entrer au lexique canonique. Attention aux collisions : « donnée dérivée » (générique du document) recouvre des espèces que le corpus possède déjà avec plus de finesse — donnée consolidée, donnée vraisemblable, récit ; l’intégration doit poser dérivée comme genre de ces espèces, pas comme concurrent.
  3. Sur-correction. Le document dit lui-même de conserver les images (deux morts, torrent, mort de la donnée) comme résumés rhétoriques. Le risque en rédaction est d’abandonner les formules fortes au lieu de les scoper. Règle proposée : aucune formule forte n’est retirée ; chacune reçoit, à son foyer, son périmètre.
  4. Fond, forme, apparat. Le registre du document est académique et par endroits formel (vecteur d’état, λ/μ, relations quasi-OWL). La voix de la trilogie est celle de l’artisan. Les distinctions sont du fond et entrent dans les tomes en prose ; les formalismes sont de l’apparat et vont dans le volume de synthèse (voir §3) ou en annexe. Greffer le registre académique dans les tomes trahirait la forme ; traduire les distinctions dans la langue du canal la sert.

2. Les axes de consolidation retenus

Classés par statut, avec priorité et foyer d’insertion. Un apport = un foyer, puis ses conséquences circulent sans être redémontrées (principe éditorial §X.4 du document, que je valide).

A. Correctifs structurants — entrent au fond

# Axe Foyer Priorité
A1 Thèse clarifiée : la donnée n’est pas nécessairement un processus au sens strict ; elle est une entité processuellement constituée, historiquement individualisée, relationnellement maintenue. Le processus a la priorité explicative sur l’identité, la persistance et la valeur. Préface d’édition + T1 « Les deux ontologies » Très haute
A2 Échelle constituée → accessible → intelligible → actualisée → opérante. Sans lecture, une donnée demeure non actualisée ; sans code pour une communauté, inintelligible pour elle ; la retombée en trace est réservée à la perte universelle des conditions d’interprétation (= la donnée morte, déjà correcte en T3 Partie III). Aligner T3 Doc 1 Partie II et Doc 4 sur cette échelle. T3 Doc 1 (+ retouche Doc 4) Très haute — priorité 1 de rédaction
A3 Décomposition métrologique de l’acte d’inscription : visée → définition de l’objet ou du mesurande → interaction → instrument et modèle → résultat avec incertitude → inscription → provenance. Et les cinq plans à ne pas confondre : occurrence de l’enregistrement / authenticité du document / qualité du résultat / vérité de l’assertion / validité pour un usage. Généralisation minimale : toute donnée dépend d’une règle de constitution et d’un régime d’évaluation adaptés à son type. T1 « L’acte d’annotation » + « Les deux temps » Très haute
A4 Traçabilité différentielle du réel : marquage causal / trace conservée / trace accessible / trace interprétable ; sous-détermination possible de la cause. Conserver le « statut exact » déjà donné à la lisibilité (aucune connaissance sans trace) et retirer la clause « partout ». T1 « La trace et le lecteur », Partie I Très haute
A5 Constitution réglée et imputable + trois intentions (dispositif / occurrence / usage). Rapatrier « l’intention déléguée à l’instrument » (acquis T3) au foyer T1 ; ajouter le recrutement ultérieur d’un résidu comme donnée (intention d’usage) ; purger la clause qui refait dépendre le statut de la relecture. T1 « Causé contre voulu » Très haute
A6 Identité stratifiée + provenance constitutive : identité d’origine / de contenu / d’encodage / binaire / continuité de filiation ; copie (nouvelle occurrence, même datum) vs transformation (datum descendant). « Copie sans division » conservée et précisée : des occurrences multiples instancient le même datum d’origine. T2 « Les propriétés du mouvement » (+ écho T1 duplication) Très haute
A7 Trois familles de constitution : observationnelle / institutionnelle (l’acte d’enregistrement participe à constituer le fait social) / dérivée. Poser dérivée comme genre des espèces déjà canoniques : consolidée, vraisemblable, récit — et y ranger prédiction, agrégat, traduction, donnée synthétique, avec provenance incluant modèle et données parentes. T1 (constitution) + T2/T3 (échos) Haute
A8 Fermeture de la boucle : action → réel modifié → nouvelles traces → nouveau régime d’observation ; délais, stabilité, amplification, variété requise. Et le pont observation / inférence / intervention (Pearl) entre lecture et action : une prédiction n’est pas une donnée fraîche sur le futur. Fonde la responsabilité de la chaîne et la probité décomposée (constitution, conservation, sélection, transformation, présentation, inférence, usage). T3 clôture (+ appuis T1 P.VI et T2 auto-amplification) Très haute

B. Correctifs de foyer — scoper sans abandonner

# Axe Décision proposée
B1 Deux temps Conserver les deux régimes comme fond ; les huit horodatages opérationnels (événement, observation, inscription, traitement, transmission, réception, lecture, action) passent en apparat, mentionnés une fois en prose.
B2 Deux morts Conserver comme images pédagogiques, explicitement qualifiées ; le vecteur d’état (E, F, I, A, X, G, V) passe en apparat. La « mort universelle » déclarée idéal-limite.
B3 Péremption Devient validité pour un usage : fonction de l’objet, de la question, de l’instant, de la tolérance. Créditer les acquis existants (sources stables, trois âges, récit, donnée d’archive). Traiter le cas de l’énoncé sur le passé.
B4 Trois actes, trois supports Trois actes maintenus ; supports : fixation, transport, et conditions de reprise interprétative (complexe : occurrence, code, interface, corpus, compétences, communauté, corps). Pas de symétrie forcée.
B5 Le sens reste à l’humain Reformulation normative : ce qui ne se délègue pas sans reste, c’est l’imputabilité de l’arbitrage — sans trancher la possibilité d’une sémantique machinique. La machine demeure « un lecteur situé de plus ».
B6 On ne range pas le torrent Pas de classement exhaustif à coût fini ; fenêtres, résumés, priorités, archives partielles possibles — ce que cadrer et déléguer organisent précisément.
B7 « Plus de bon » Le torrent établit une incompatibilité de cadence, pas la bonté des arrivées. Distinguer débit brut / pertinent / prioritaire / traitable / lu ; la règle qui transforme le brut en présenté est une décision — politique au sens propre.
B8 L’échange accomplit Scoper la thèse modérée déjà présente ; ton arbitrage sur le verbe (garder « accomplit » périmétré, ou « étend la disponibilité et la possibilité d’usage »).
B9 Continuité, densité « Le réel pertinent pour une observation excède toujours les découpages produits par elle » ; continuité et densité deviennent cas importants, non axiomes — alignement du corps sur la précaution déjà écrite.
B10 Appartenance Séparer non-rivalité ontologique et régimes juridiques (support, base, secret, personne, accès, contrôle). Bref, au foyer T1/T2, sans développement juridique.

C. Extensions

D1 ontologie minimale (primitives, relations, critères d’identité) ; D2 vecteur d’état ; D3 formalisation du sur-débit ; D4 schéma consolidé bouclé ; D5 les temps opérationnels.

E. Cas frontières — statut confirmé, inchangé

Relativité (objectivité par explicitation de la situation), thermodynamique (matérialité et coût ; entropie sémantique = métaphore marquée), trou noir (accès ≠ existence), virus (copie / filiation / trois persistances), oralité (fixation ≠ externalisation). Ils restent des tests circonscrits, hors du corps principal.


3. Structure : maintien de la trilogie, et promotion de la synthèse

Recommandation : conserver le découpage en trois tomes. Arguments :

  1. Les cinq processus du thème se répartissent sans reste : constitution + fondation de la persistance → tome 1 ; circulation + persistance réplicative → tome 2 ; reprise + rétroaction + responsabilité → tome 3. La persistance n’est pas un moment narratif mais une dimension transversale (c’est ce que dit le vecteur d’état) : en faire un tome la réifierait à tort. La rétroaction est aujourd’hui éclatée (T1 Partie VI, T2 auto-amplification, absente de la clôture de T3) — le remède est interne : la clôture du tome 3 ferme explicitement la boucle.
  2. L’originalité revendiquée est le plan. Casser le plan pour le consolider serait auto-réfutant : le document situe lui-même la force du projet dans l’architecture qui assemble les composantes.
  3. La dramaturgie source → torrent → lecteur est l’actif le plus fort de l’essai ; elle survit intégralement à la consolidation, puisque celle-ci corrige des formulations, pas le mouvement.
  4. Coûts d’infrastructure : renvois internes, charte de traduction (huit langues, équivalents verrouillés), site, PDF, lexique — un redécoupage invaliderait l’ensemble pour un gain conceptuel nul. Un ajustement de structure, en revanche : promouvoir la synthèse existante au rang de volume d’architecture (option A, recommandée). Le corpus possède déjà Synthèse — À l’épreuve du flux. La seconde édition en fait le lieu du registre systématique : les thèses resserrées (les douze du document, soumises à ton arbitrage), le schéma consolidé bouclé, l’ontologie minimale, l’apparat formel (vecteur d’état, temps opérationnels, formalisation du torrent), la formule de synthèse finale, la carte des voisins. Les tomes gardent le récit — épuré et corrigé aux foyers. Cette division règle proprement fond/forme : la trilogie parle la langue du canal ; l’architecture parle la langue des catégories ; les deux disent le même fond.

L’option B (tout intégrer dans les tomes, y compris l’apparat) est déconseillée : elle alourdit les tomes, trahit la voix, et disperse l’architecture que le thème promet de présenter en tant que synthèse.


4. Plan de rédaction de la seconde édition

4.0 Ouverture commune — préface de seconde édition

Statut de l’édition et rapport à la première (voir §5) ; la thèse clarifiée (A1) ; la discipline d’admission des apports (bancs d’épreuve, quatre statuts, cinq critères) ; la formule prudente d’originalité (C3) ; le contrat de lecture : ce qui est fond, ce qui est forme, ce qui est apparat, et où vit chacun.

4.1 Tome 1 — Le fleuve et le canal (constitution, et fondation de la persistance)

Les thèses resserrées (douze proposées ; à arbitrer une à une) ; le schéma consolidé bouclé ; les trois familles de constitution ; les couches d’un datum persistant ; l’ontologie minimale (primitives, relations, critères d’identité — registre sobre, prose et tableaux) ; l’apparat (vecteur d’état, temps opérationnels, formalisation du sur-débit) ; la carte des voisins et la formule d’originalité ; la formule de synthèse finale.

4.5 Ordre de chantier proposé (vagues)

  1. Vague 0 — arbitrages : nom de l’édition ; liste lexicale (termes candidats, un par un) ; validation/amendement des thèses resserrées ; option A/B de structure ; sort des seize formulations (garder-scoper / reformuler / retirer).
  2. Vague 1 — le volume d’architecture : il fixe le référentiel de tout le reste (comme un cadrage fixe un bloc).
  3. Vague 2 — Tome 3, Document 1 + Document 4 : la réparation la plus structurante (A2) d’abord — elle conditionne la reformulation du seuil en T2 et des échos en T1.
  4. Vague 3 — Tome 1 : foyers de la constitution (A3, A4, A5, A7, B1–B3, B9).
  5. Vague 4 — Tome 2 : circulation et torrent (A6, B4, B7, B8, C1).
  6. Vague 5 — Tome 3, le reste : lecteur, postures, clôture-boucle (A8, B5, B6, C2).
  7. Vague 6 — passes transversales : dé-redondance (ton constat : affirmations ré-exposées qui alourdissent — mutualiser dans les Repères de fin de document, qui existent déjà) ; cohérence lexicale ; bibliographies raisonnées enrichies (C3) ; mise à jour de la charte de traduction pour les termes nouveaux ; préfaces méthodologiques harmonisées. ### 4.6 Contrôles de rédaction (l’équivalent des portes)

5. Nommer la nouvelle version

Le versionnage sémantique des tomes (T1 en 5.2.0, T3 en 0.7.0…) suit les évolutions à l’intérieur d’un état du texte. Ce que tu veux distinguer est un autre axe : l’état d’ensemble de l’œuvre. Le dispositif classique et exact est l’édition — et le corpus l’a déjà pratiqué (la note de réédition du projet 00).

Recommandation (O1) : un champ edition dans le frontmatter, distinct de version.

Variante O3, clin d’œil au titre : en typographie, une épreuve est le tirage d’essai avant l’édition définitive. Première édition = « l’épreuve » (le mot du titre prend son double sens), seconde = « l’édition ». Élégant mais risque de préciosité ; je le signale sans le recommander.

À éviter : « version consolidée » (collision frontale avec donnée consolidée, terme canonique) ; « refonte » (suggère une démolition que le plan dément) ; « v2 » nu (collision avec le semver des tomes).


6. Avis général, et pistes supplémentaires

6.1 Avis

La consolidation est pertinente, forte et utile. Pertinente : elle vise des foyers textuels réels, vérifiés mot à mot, et sa bibliographie tient. Forte : ses trois pièces maîtresses (thèse clarifiée, échelle constituée/actualisée, décomposition métrologique) règlent respectivement l’ambiguïté du titre, la seule contradiction interne du corpus, et la vulnérabilité épistémologique principale — et chacune renforce l’intuition d’origine au lieu de la remplacer. Utile : son principe éditorial (un apport, un foyer) est directement exécutable et correspond à ta discipline de travail.

Sa limite principale, mesurée : elle traite parfois le corpus comme s’il n’avait pas déjà écrit ses propres garde-fous (statut exact de la lisibilité, précaution métaphysique du flux, constat daté vs description valable, thèse modérée de l’échange, sources stables, intention déléguée). La seconde édition gagnera à rapatrier ces garde-fous à leurs foyers et à les créditer — le corpus en sortira plus fort, et le récit de l’édition sera juste : non pas « l’essai était fragile », mais « l’essai portait ses réparations en dispersion ; l’édition les met au foyer ».

Un point où je marque une réserve de fond : la formule de synthèse finale du document (la longue définition en encadré) est exacte mais sans voix. Elle peut vivre dans le volume d’architecture ; elle ne doit pas remplacer, dans les tomes, les définitions courtes du lexique.

6.2 Pistes supplémentaires — autres disciplines en banc d’épreuve

En appliquant les cinq critères d’admission du document lui-même :

  1. Actes de langage et faits institutionnels (Austin ; Searle, status functions, « X compte comme Y dans C »). Statut : constitutif pour la famille institutionnelle (A7). Le document affirme que « l’acte d’enregistrement participe parfois à la constitution du fait social » sans donner le mécanisme ; la théorie des déclarations le fournit, éprouvé et indépendant. Conséquence transférable : pour une donnée institutionnelle, l’inscription ne rapporte pas le fait, elle l’institue — la péremption y devient révocation ou abrogation, pas écartement au flux. Limite : ne vaut que pour cette famille.
  2. Théorie de l’échantillonnage et biais de sélection (statistique). Statut : correctif au foyer du non-prélevé. La taphonomie couvre le versant réel → trace ; l’échantillonnage couvre le versant trace → donnée : le non-prélevé pèse sur ce que disent les prélevés (biais de sélection, censure, survivance). Le corpus mobilise déjà Nyquist-Shannon pour la cadence — ce serait le pendant pour la couverture. Conséquence : la probité de la sélection (A8) reçoit un mécanisme mesurable.
  3. Critique textuelle et stemmatique (ecdotique : recension, variantes, apparat, texte établi). Statut : extension au foyer de la filiation (A6). Des siècles de pratique exactement sur : occurrences, copies, descendants, reconstruction d’un original à partir d’une tradition. Avantage décisif : elle parle la langue de l’artisan du texte, mieux que PROV seul, et fournit le vocabulaire de l’édition elle-même (§5, O2).
  4. Comptabilité en partie double et event sourcing. Statut : constitutif pour la persistance documentaire (A3). Le mécanisme éprouvé depuis Pacioli : l’écriture passée ne se rature pas ; l’erreur se corrige par contre-passation — une nouvelle inscription. C’est exactement « l’occurrence stabilise irréversiblement le fait documentaire ; la révision est une inscription nouvelle », avec cinq siècles de pratique et un descendant technique contemporain (journal d’événements, append-only) que le document mentionne dans sa revue de portée sans l’exploiter. Résonance forte avec le journal de l’atelier et l’acte d’inscription de l’application.
  5. Diplomatique historique (Mabillon, De re diplomatica, 1681). Statut : forme au foyer de l’authenticité. InterPARES est l’aboutissement ; Mabillon est l’origine — un ancrage historique, et français, de la critique d’authenticité, dans la veine des illustrations historiques du tome 1.
  6. Herméneutique (l’horizon ; la fusion des horizons). Statut : forme, mineur, au foyer de la fenêtre et du rapport non-connaisseur/connaisseur. Je déconseille d’ouvrir : l’épidémiologie de l’information (la confrontation virus couvre déjà la réplication ; le reste serait de la ressemblance lexicale) ; et je note que la théorie de la fiabilité/maintenance pourrait un jour nourrir « l’enveloppe » (la qualité comme entretien), mais reste secondaire pour cette édition.

7. Arbitrages demandés

  1. Nom de l’édition : O1 (première/seconde édition, champ edition), O2 (édition d’essai / texte établi), O3 (l’épreuve / l’édition) — et la règle de bump majeur des tomes.
  2. Structure : option A (synthèse promue en volume d’architecture — recommandée) ou option B (tout dans les tomes).
  3. Lexique canonique : entrée, un par un, des termes candidats — datum d’origine, occurrence, filiation, provenance, traçabilité différentielle, constituée/accessible/intelligible/actualisée/opérante, intentions (dispositif/occurrence/usage), donnée institutionnelle, donnée dérivée (comme genre) ; et les équivalents pour la charte de traduction.
  4. Les seize formulations : pour chacune, garder-scoper / reformuler / retirer (mes propositions en §2 ; les deux sensibles : le verbe « accomplit » (B8) et la reformulation de la « menace de la trace » en T2 Doc 8).
  5. Les thèses resserrées : valider, amender ou re-rédiger les douze — elles deviendraient l’épine dorsale du volume d’architecture.
  6. Pistes supplémentaires (§6.2) : lesquelles ouvrir pour cette édition (ma recommandation : 1, 2 et 4 en fond ; 3 et 5 en forme ; 6 optionnel).
  7. La revue de portée (scoping review des voisins) : la conduire avant publication de la seconde édition, ou publier avec la formule prudente et la programmer ensuite.